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L’économie zombie (4) – La théorie du ruissellement

1 avril 2013

zombie_4Je poursuis ma série sur le livre Zombie Economics: How Dead Ideas Still Walk among Us (L’économie Zombie: comment les idées mortes se promènent encore parmi nous) de John Quiggin.

Le chapitre que j’aborde dans ce billet est structuré comme les précédents. L’auteur présente le contexte menant à une idée, puis le sujet et ses applications (sa naissance), ses effets sur la théorie économique et les politiques (sa vie), les faiblesses de l’idée et la façon dont elle a été contredite (sa mort), ses applications encore en cours (sa résurrection) et les idées qui pourraient avantageusement la remplacer (ses substituts).

Dans le quatrième chapitre de ce livre, l’auteur aborde la théorie du ruissellement, cette théorie qui prétend que les inégalités et l’enrichissement des riches profitent à tous.

Contexte

«[traduction] Depuis aussi longtemps qu’il y a eu des riches et des pauvres, des gens puissants et impuissants, il y a toujours eu des porte-parole des riches pour expliquer que c’est mieux pour tout le monde si les choses restent ainsi.»

Heureusement, il y a aussi toujours eu d’autres personnes, comme John Stuart Mill et John Maynard Keynes, qui défendaient au contraire la redistribution des richesses. Par contre, cette position a aussi toujours eu ses détracteurs qui affirment qu’on doit laisser les riches s’enrichir et attendre que leur richesse ruisselle vers les pauvres.

Le concept du ruissellement semblait bien mort durant les Trente glorieuses (1945 au milieu des années 1970), alors que la baisse des inégalités a été accompagnée d’une croissance forte et du plein emploi. Mais, au cours des années 1980, les défenseurs du ruissellement ont repris le pouvoir et ont ranimé cette idée morte en prétendant qu’une baisse des impôts des riches profiterait à tous.

Sa naissance : de la courbe de Laffer au ruissellement

Même si les effets plus que positifs de la baisse des inégalités sur la croissance et la prospérité des citoyens des États-Unis durant les Trente glorieuses ont eu lieu au cours d’une période où les impôts étaient fortement progressifs (le taux marginal d’imposition maximal a varié de 80 % à 94 % entre 1945 et 1963 et atteignait toujours 70 % en 1980), cela n’a pas empêché les économistes et gouvernements de droite de partir en guerre contre les taxes et les impôts, affirmant que leur baisse était indispensable à la croissance et que tous, surtout la classe moyenne, en bénéficieraient. Ainsi, le taux marginal d’imposition maximal est passé de 70 % en 1980 à 28 % en 1988 et a toujours été inférieur à 40 % depuis. Sans surprise, les inégalités se sont mises à augmenter à nouveau pour se retrouver de nos jours au niveau des années 1920 et 1930, comme on peut le voir dans le graphique qui suit (tiré par Quiggin du tout premier billet du blogue de Paul Krugman).

zombie_4-1

– la courbe de Laffer

C’est Arthur Laffer qui a donné un semblant de base théorique au slogan des républicains «l’impôt tue l’impôt» avec sa célèbre courbe. Cette courbe montre qu’à un taux d’imposition de 100 %, plus personne ne voudra travailler et que plus aucun impôt ne sera collecté, et qu’il existe un niveau d’imposition à partir duquel les impôts récoltés commenceront à diminuer. Le problème est de situer ce niveau (problème auquel j’ai déjà consacré un billet)… Selon Laffer, ce niveau aurait déjà été atteint lorsque Reagan a pris le pouvoir. Il prétendait en conséquence qu’une baisse d’impôt permettrait de récolter plus d’impôt. Cette affirmation s’est révélé fausse, mais la légende a perduré.

– l’hypothèse du ruissellement

Si l’hypothèse de Laffer n’a jamais convaincu même les plus grands promoteurs de l’économie de marché, celle du ruissellement, qui prétend que les politiques favorables aux riches avantagent tout le monde – et qu’elles les avantagent plus que les politiques d’impôts progressifs et de redistribution – a eu plus de succès.

L’idée derrière le concept de ruissellement est que la baisse des impôts des riches favorisera l’épargne et donc, selon les promoteurs de ce concept, les investissements et la croissance. Ils ont essayé de démontrer que les baisses d’impôt accordées sous Ronald Reagan et sous George W Bush avaient eu cet effet, mais elles ont en fait surtout entraîné une hausse des déficits et de la dette!

Ce fut encore pire à la veille de la récession de 2008. Les nouveaux investissements permis par la baisse des impôts se sont en effet concentrés en grande partie dans des produits financiers spéculatifs et dans la bulle immobilière. Lorsque la bulle a éclaté, la plus grande part de la «richesse» créée par ces investissements est disparue aussitôt causant la pire crise depuis la Grande Dépression.

D’autres économistes de droite ont tenté de justifier la baisse des impôts en prétendant que les contribuables riches chercheraient moins à adopter des stratégies d’évitement fiscal avec des impôts plus bas. Là encore, les faits n’appuient pas du tout cette théorie, puisque l’évitement fiscal, notamment dans les paradis fiscaux, n’a jamais été aussi populaire et nocif.

Sa vie : une excuse pour justifier les inégalités

Même si les promoteurs du ruissellement l’affirment, la hausse des inégalités permet-elle une croissance plus élevée? Non!

– revenu, inégalité et taxation

Ce débat est souvent présenté en opposant l’efficacité à l’équité. Les promoteurs du ruissellement prétendent qu’il ne faut se préoccuper que de l’efficacité, car l’efficacité permettra automatiquement l’équité. C’est l’équivalent de la fable qui raconte qu’il faut avoir un plus gros gâteau avant de penser à le répartir, sans ajouter qu’il ne le sera jamais assez pour les riches…

En fait le système de taxation est beaucoup moins progressif qu’on ne le pense. Si les taux marginaux d’imposition sont progressifs, il ne faut pas oublier les nombreuses déductions d’impôt qui bénéficient majoritairement aux riches. Les taux d’imposition plus bas pour les gains en capitaux et les dividendes font en sorte que bien des riches paient proportionnellement moins d’impôt que les travailleurs de la classe moyenne, comme l’a bien montré Warren Buffett, qui paie en impôt un pourcentage beaucoup moins élevé de ses revenus que sa secrétaire. On oublie souvent aussi que l’impôt n’est qu’un des moyens de financement de l’État. Les taxes sur la masse salariale, les tarifs et les taxes à la consommation sont toutes régressives. Au total, il n’est pas évident de savoir si la taxation est globalement progressive ou régressive (surtout aux États-Unis, pays dont parle l’auteur) et surtout à quel point.

– inégalités des revenus et des chances

Malgré la légende sur le rêve américain, la mobilité sociale, soit la possibilité pour les enfants de changer de classe sociale, est bien moins élevée aux États-Unis et dans les pays les plus inégalitaires que dans les pays les plus égalitaires. Pire, la mobilité sociale des citoyens des États-Unis diminue constamment. La richesse des riches ruisselle donc en premier lieu sur d’autres riches (dont leurs enfants…)!

Sa mort : les riches s’enrichissent et les pauvres ne vont nulle part

Dans cette section, l’auteur analyse un ensemble de données pour tester l’hypothèse du ruissellement. Les principaux résultats qu’il souligne touchent l’évolution de certains indicateurs aux États-Unis entre 1973 et 2008. Pendant que le revenu des 5 % les plus riches a doublé et que celui du 0,1 % a quadruplé, le revenu médian des ménages n’a augmenté que de 15 % et celui des 20% les plus pauvres n’a tout simplement pas augmenté. L’auteur mentionne aussi les hausses du taux de pauvreté, du nombre et du pourcentage de citoyens sans assurances médicales, de la proportion d’enfants provenant de familles à haut revenus dans les collèges, de la dette en proportion du revenu disponible, etc.

Sa résurrection : mobilité sans mouvement

Ce zombie a eu plusieurs vies, car le concept du ruissellement remonte à quelques centaines d’années, même s’il n’est connu sous ce nom «que» depuis le début du XXème siècle. Avec un tel passé, on ne peut pas s’attendre à tuer ce zombie une fois pour toute. Face aux données mentionnées plus tôt, on pourrait penser que sa résurrection puisse poser de durs problèmes. Mais, ce serait méconnaître les réanimateurs de zombies!

Et, inutile de tenter de convaincre les Américains que leur pays est un de ceux où leur rêve se réalise le moins, ils nieront ou accuseront les pauvres de paresse pour expliquer leur manque de mobilité…

Ses substituts : économie, inégalités et équité

Avec la dette actuelle des ménages, le coût croissant des études, la stagnation des revenus des plus pauvres et les autres barrières auxquels les pauvres et même la classe moyenne font face, il est difficile d’imaginer que la mobilité sociale redevienne ce qu’elle a déjà été aux États-Unis.

Par contre, les effets de la crise, au cours de laquelle on a vu les riches financiers se faire aider par tous les gouvernements des pays occidentaux pendant qu’on appliquait des mesures d’austérité aux plus pauvres et à la classe moyenne a fait ressurgir la méfiance envers les riches et augmenter l’acceptation des mesures sociales (l’auteur mentionne entre autres les prolongations des périodes d’assurance-chômage et la réforme de la santé).

L’auteur termine ce chapitre en souhaitant que des recherches soient entreprises pour mieux comprendre le lien entre le fonctionnement de l’économie de marché et les inégalités. On voit bien que l’hypothèse classique voulant que les inégalités améliorent l’efficacité ne tient pas. La croissance fulgurante du secteur financier et les salaires indécents qui y sont versés n’ont par exemple en rien amélioré l’efficacité de l’économie, bien au contraire! Il aimerait également avoir la recette secrète pour renverser le courant actuel…

Et alors…

Ce chapitre tombe bien, car cela fait un bout que je souhaitais écrire sur la théorie du ruissellement. Cette théorie fait en effet aussi des dommages au Québec. Combien de fois et par combien de personnes n’a-t-on pas entendu la parabole avec le gâteau trop petit pour être partagé ou celle qui prétend qu’on doit créer la richesse avant de la partager?

Pourtant, comme le disait si bien Jean-Robert Sansfaçon dans un éditorial bien senti, «À l’échelle d’une société, il est simpliste de prétendre devoir créer la richesse avant de la redistribuer. (…) Aucun pays développé, pas même les États-Unis, n’est d’abord devenu riche avant de redistribuer les fruits de son essor».

C’est en travaillant à éliminer la pauvreté et les inégalés qu’une nation peut vraiment s’enrichir, et pas seulement avec un PIB élevé, mais surtout avec des citoyens en meilleure santé, mieux éduqués et qui peuvent se réaliser et profiter de la vie…

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21 commentaires leave one →
  1. Gilbert Boileau permalink
    1 avril 2013 9 h 16 min

    Pourrait-on éduquer les journalistes de cette réalité? Ils seraient peut-être plus gênés de transmettre certaines faussetés. Au moins, ils sauraient …

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  2. 1 avril 2013 10 h 35 min

    «Pourrait-on éduquer les journalistes de cette réalité?»

    Tout un mandat! Je noterai toutefois que Jean-Robert Sansfaçon semble avoir compris!

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  3. Mathieu Lemée permalink
    1 avril 2013 10 h 43 min

    Il faudrait d’abord convaincre leurs patrons ou ceux qui payent ces journalistes; ce qui n’est pas une mince tâche, eux qui n’en ont que pour l’économie de marché au point justement de faire circuler les fables mentionnés dans cet excellent billet.

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  4. 1 avril 2013 11 h 04 min

    Et malheureusement une idée toujours véhiculée à travers les réformes imposées par le FMI…

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  5. Raphaël Erkoréka permalink
    1 avril 2013 11 h 10 min

    Je pense qu’il y eu une croisée des chemins à la fin des années 70, lorsqu’il y eu une analyse des causes de la stagflation. [Stagflation: ( 1) Pas de croissance des indicateurs productivistes, 2) Sur-inflation].

    Le remède prescrit par Hayek/Société du Mont-Pèlerin/Mouvement Illuminati, fut d’aller vers le libéralisme économique presque total, afin d’aider à augmenter les indices d’investissement privé…et donc la croissance des indices productivistes.

    Margaret Thatcher en Angleterre, lisant du Hayek, et Reagan lisant du Milton Friedman ( monétariste) furent séduits par ces hypothèses économico-libérales. Étant élus, ils passèrent à l’action, créant de toute pièce la crise économique des années 80 en augmentant entre autres les taux d’intérêts de leurs banques centrales, afin de casser l’inflation.

    Ce remède fut pris et poussé jusque dans ses dernières limites (dépassant même le pronostique de Hayek lui-même), et ce jusqu’au « crash » de 2007.

    Nous y sommes encore.

    Pourtant, fin des années 70, il y avait d’autres résultats d’analyse de cette stagflation…

    Il y eut entre autres au Québec, en Septembre 1981, un colloque de l’association d’économie politique, mis en place par le magnifique Gilles Dostaler. [ Actes et textes du colloques réunis dans le livre: La crise économique et sa gestion. Boréal express 1982].

    Présents à ce colloque: Rober Boyer, Paul Sweezy, Benjamin Coriat, Michael Piore, Michel Beaud. Du côté québécois: Bernard Élie, Pierre Beaulne, Marcel Pepin, Sid Ingerman, Brian Barton, Jack Weldon entre autres.

    Les sujets soulevés furent: le rapport salarial, les causes de l’inflation, les conglomérats, l’efficacité du crédit, la répartition de la richesse, les indicateurs de développement, l’origine des crises, la régulation macro-économique, la spéculation boursière, la privatisation improductive, la rationalisation improductive, la rentabilité du capital industriel et bancaire, et autres.

    C’est vers ces hypothèses qu’il faudra revenir, si l’on veut donner un nouveau souffle à la société mondiale.

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  6. 1 avril 2013 11 h 22 min

    @ Mathieu Lemée

    «Il faudrait d’abord convaincre leurs patrons ou ceux qui payent ces journalistes»

    Il est en effet difficile de convaincre des gens qui bénéficient de l’existence de cette fable…

    @ Hugo Viens (@HugoV79)

    «Et malheureusement une idée toujours véhiculée à travers les réformes imposées par le FMI…»

    Avez-vous une source sur ce fait? Les réformes imposées par le FMI, toujours trop austères, se sont tout de même un pu adoucies depuis quelque temps. Elles visent toujours le retour à l’équilibre budgétaire, mais en laissant une place à la croissance. Ce qui demeure tout de même la quadrature du cercle, j’en conviens aisément.

    Cela dit, j’ai de la difficulté à associer la politique d’austérité prônée par le FMI au concept du ruissellement (elle a bien d’autres défauts!). Par exemple, pour favoriser le retour à l’équilibre budgétaire, le FMI ne condamne pas les hausses d’impôts. Elles font au contraire partie des moyens qu’il suggère (associées à des baisses de dépenses, bien sûr, ce qui est bien plus dommageable).

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  7. 1 avril 2013 11 h 36 min

    @ Raphaël Erkoréka

    Bienvenue ici!

    «Je pense qu’il y eu une croisée des chemins à la fin des années 70, lorsqu’il y eu une analyse des causes de la stagflation»

    Quiggin voit aussi la naissance de cette idée zombie (comme celle de bien d’autres idées zombies traitées dans ce livre) à cette époque. Et, il n’est pas le seul!

    «Pourtant, fin des années 70, il y avait d’autres résultats d’analyse de cette stagflation…»

    C’est en effet un sujet de débats et d’analyses très important et toujours d’actualité.

    «Il y eut entre autres au Québec, en Septembre 1981, un colloque de l’association d’économie politique»

    À lire les sujets abordés et les noms des participants, cela a dû être très intéressant!

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  8. Raphaël Erkoréka permalink
    1 avril 2013 14 h 09 min

    Merci Darwin!

    Jean-François Lisée a recréé la choses ( colloque) en 2009, avec des gens tels: Lionel Jospin, Jacques Pariseau, Arthur Goldhammer, George Ross, Bernard Élie, Gilles Dostaler, Martial Foucault, beaucoup d’autres..et lui-même.

    Les actes de ce colloque sont réunis dans un livre intitulé:  » Imaginer l’après-crise », publié en 2009.

    Plus politique et à angle plus large que le colloque de 1981, qui était plus axé sur la science économique.

    Ces moments n’ont peut-être pas eu la notoriété publique qu’ils auraient dû avoir.

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  9. Claude permalink
    1 avril 2013 14 h 46 min

    Je préfère traduire trickle down par «percolation». Évidemment, il faut nettoyer le filtre parfois! Cela dit, si vous avez aimé Quiggin, je vous recommande chaudement, dans la même veine, Banker’s New Clothes de Hellwig et Admati.

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  10. Vincent Lafortune permalink
    1 avril 2013 14 h 49 min

    Excellent billet! Merci!
    Je me demande souvent (comme bien d’autre j’imagine) comment une telle situation pourrait-elle changer. Tous ces riches et puissant, qui travaillent dans l’ombre de l’ignorance et de l’indifférence, ne sont pas prêt de modifier les loi ou les mesures de contrôle, non? Pourquoi le feraient-ils? Ce doit être, en plus, une course effréné entre eux pour faire un maximum de profit avant la fin de la récréation.
    Sommes nous condamner à être dirigé par ces gamins inconscients (y aurait-il pas un peu de psychopathie là-dessous?) et gonflés à l’avidité et au pouvoir?

    Sommes nous voué à attendre que tout s’effondre suite à l’inertie générale?Comment imaginer une quelconque mobilisation pour une cause si complexe et obscure pour la majorité?
    Il y a tant de problèmes pressants et vitaux à régler (changements climatiques, pic pétrolier, pic de l’eau, écosystèmes marins en périls, dégradation des sols fertiles…)!
    Désolé pour cette monté de lait peut-être un peu naïve mais c’est vraiment décourageant (j’ai visionné « The Inside Job » avant hier)!
    Un peu d’espoir quelqu’un!

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  11. 1 avril 2013 15 h 01 min

    @ Raphaël Erkoréka

    «Ces moments n’ont peut-être pas eu la notoriété publique qu’ils auraient dû avoir.»

    C’est le moins qu’on puisse dire! Merci!

    @ Claude

    «Je préfère traduire trickle down par «percolation»

    Ce terme est d’ailleurs aussi utilisé en anglais. Il est parfois difficile de bien rendre en français l’image des expressions anglaises…

    «je vous recommande chaudement, dans la même veine, Banker’s New Clothes de Hellwig et Admati.»

    Merci de la suggestion, mais je lis peu de livres en anglais. Je l’ai fait pour Zombie Economics parce que cela faisait au moins deux ans que je voulais le lire et qu’il n’était toujours pas traduit. Là, je l’ai lu et ai appris récemment qu’il vient justement d’être traduit!

    @ Vincent Lafortune

    «Je me demande souvent (comme bien d’autre j’imagine) comment une telle situation pourrait-elle changer»

    En travaillant pour qu’elle change! Ce n’est pas une garantie, mais c’est garanti qu’en n’essayant pas, cela ne marchera pas! La base est d’informer, ce que je tente avec mes modestes moyens et sans m’illusionner.

    «Un peu d’espoir quelqu’un!»

    Depuis quelque temps, on entend de plus en plus de gens au pouvoir envisager par exemple des hausses d’impôts (Buffett, Obama, Hollande, PQ, etc.). On n’avait pas vu cela depuis les années 1980! De même, il y a des discussions sur la taxe financière (dite Tobin), les paradis fiscaux, etc. C’est bien peu et les résultats concrets tardent, mais cela donne un peu espoir quand on sait que ces sujets étaient considérés hérétiques il y quelques années.

    Il ne faut pas lâcher…

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  12. youlle permalink
    1 avril 2013 18 h 01 min

    @ Vincent Lafortune

    « Sommes nous voué à—— attendre—— que tout s’effondre suite à l’inertie générale? »

    Attendre des miracles, c’est-à-dire peut-être, que les riches qui s’enrichissent au jour le jour se sacrifient pour laisser la chance aux plus pauvres.

    Quand nous ne nous occupons pas de nos affaires les autres s’en occupent pour nous.

    C’est au peuple de s’occuper de ses affaires et aux plus conscients de les convaincre de le faire.

    D’ici là, les gros téteux milliardaires ont le meilleur jeu.

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  13. Gilles Turcotte permalink
    1 avril 2013 22 h 35 min

    J’ai partagé ce texte, avec une belle introduction.
    Essentiellement je dis :
    Merci internet, ta capacité de diffuser le savoir fera un jour enfin naître la démocratie, en permettant d’instruire le peuple, de ce que les gens qui ont ne veulent pas qu’on ait, nous aussi.

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  14. 2 avril 2013 4 h 21 min

    @ Gilles Turcotte

    «J’ai partagé ce texte, avec une belle introduction»

    Belle introduction, en effet! Merci!

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  15. 24 avril 2013 12 h 32 min

    Une conséquence de cette théorie est qu’une ponction étatique sur les revenus des particuliers transfère simplement, sous l’organisation de l’État, une redistribution qui serait naturellement assurée par le jeu de la consommation et de l’investissement des particuliers. Le gain en matière d’emploi ou de revenus salariaux est dès lors nul, même si les circuits et les destinataires diffèrent. À titre d’exemple, les impôts prélevés sur une personne fortunée serviront à payer les dépenses de la collectivité (salaire des fonctionnaires, indemnisation des chômeurs, grands travaux, …) ; mais non prélevée, cette même somme serait dépensée par cette même personne pour sa consommation et servirait à rémunérer différents prestataires de services, restaurateurs, bijoutiers, maçons… ou alors cet argent serait placé sur un livret de caisse d’épargne ou en bourse, contribuant à financer l’activité économique, la construction de logements sociaux ou le développement des entreprises. Ainsi, selon la théorie du ruissellement, les hauts revenus « n’engloutissent pas » des moyens au détriment des faibles revenus, ils se contentent de les redistribuer à leur guise, ou autrement dit, les riches ne sont pas riches aux dépens des pauvres.

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  16. 25 avril 2013 9 h 10 min

    @ Leslie Y. Beasley

    Votre commentaire est tombé dans les indésirables, probablement en raison du lien accolé à votre nom.

    Il l’est aussi pour moi. J’ai de la difficulté à croire que quelqu’un défende encore votre position de nos jours. Un des enseignements de la dernière crise est justement que l’épargne des riches (et de tous, en fait) ne se transforme pas en investissements par magie, comme vous le prétendez avec les autres tenants de l’économie de l’offre. Personne n’investira si ses capacités de production suffisent à satisfaire la demande.

    En fait, le gros de votre commentaire devrait se retrouver en réplique d’un autre de mes billets sur ce livre, celui qui traite de l’économie de l’offre (https://jeanneemard.wordpress.com/2013/03/18/leconomie-zombie-3-la-loi-de-say-et-ses-descendants/).

    «autrement dit, les riches ne sont pas riches aux dépens des pauvres.»

    Cela est supposé être une conclusion, mais je ne vois rien dans votre texte qui appuie cette affirmation. Les revenus des uns sont les dépenses des autres. Pour que les riches soient riches, il a fallu que les autres leur donnent des sous!

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